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Matador, Etudes blue books, Paris, septembre 2012.
La nuit des rois, vue d'exposition, 04-2017.
La nuit des rois, vue d'exposition, 04-2017.
La nuit des rois, vue d'exposition, 04-2017.
La nuit des rois, vue d'exposition, 04-2017.
La nuit des rois, vue d'exposition, 04-2017.
La nuit des rois, vue d'exposition, 04-2017.
La nuit des rois, vue d'exposition, 04-2017.
La nuit des rois, vue d'exposition, 04-2017.
Make it rain,  vue d'exposition, 02-17.
Make it rain,  vue d'exposition, 02-17.
Make it rain,  vue d'exposition, 02-17.
Make it rain,  vue d'exposition, 02-17.
Le Looping, vue d'exposition, 06-2016.
Le Looping, vue d'exposition, 06-2016.
Le Looping, vue d'exposition, 06-2016.
Le Looping, vue d'exposition, 06-2016.
Le Looping, vue d'exposition, 06-2016.
Everyday, vue d'atelier, 12-2015.
Posters Géants!, vue d'exposition (posters par: Demi Tour de France, Ahndraya Parlato & Gregory Halpern, Isabelle Kraiser), 07-2016.
Posters Géants!, vue d'exposition (posters par: Loan Calmon, Nicolas Poillot, Claude Lévêque, Myriam Santos), 07-2016.
Posters Géants!, vue d'exposition (poster par Sylvain Rousseau & Yann Rondeau), 07-2016.
Posters Géants ! Coffret – catalogue d’exposition. Contient tous les posters de l’exposition pliés sous pochettes individuelles. Graphisme par Spassky-Fischer, autoédition, 07-2016.
Posters Géants ! Coffret – catalogue d’exposition. Contient tous les posters de l’exposition pliés sous pochettes individuelles. Graphisme par Spassky-Fischer, autoédition, 07-2016.
Matador, vue d'exposition, 07-2012.
Matador, vue d'exposition, 07-2012.
Matador, vue d'exposition, 07-2012.
Matador, vue d'atelier, 12-2015.
Matador, vue d'atelier, 12-2015.
Matador, Etudes blue books, Paris, septembre 2012.

C’est un vieux western. Un type est poursuivi par un autre type. Il court dans la forêt et sait que l’autre est sur ses traces pour lui faire la peau. Au bout d’un moment, comme le poursuivant lui colle au train, le poursuivi décide d’effacer ses traces, d’avancer en effaçant ses traces.

Cette scène est présente dans plusieurs livres, dans plusieurs films. Elle marque les esprits. Un vieux truc de trappeur : avancer en effaçant ses traces. La difficulté doit varier en fonction du terrain. Dans la boue on s’enfonce, on laisse de large empruntes et on peine à les recouvrir. Sur la roche, ça semble plus facile.

Mais quelque soit le terrain, on a la sensation que l’effacement des traces est un problème insoluble, un dédoublement infini de modifications que l’on fait subir à un environnement et sur lesquelles il est impossible de revenir. L’être humain, dont les actes physiques et spirituels sont fatalement approximatifs, semble bien incapable de cette prouesse. Idéalement, effacer ses traces, ce serait faire en sorte que le sol que nous avons foulé soit semblable au sol vierge qui précédait notre passage. Or, lorsqu’un être humain touche quelque chose, et donc le modifie, même de manière infime, il ne peut jamais le rendre à son état précédent, il ne peut que masquer la première modification par une nouvelle modification qui est alors trace de l’effacement de la trace.

Le poursuivi se fraye un chemin à travers les feuilles mortes. Le terrain est modifié une première fois. Il se retourne et place des feuilles mortes sur le chemin qu’il vient de tracer. Le terrain est modifié une seconde fois. Cela peut berner ses poursuivants humains. Ce subterfuge sera totalement inefficace si ces derniers sont accompagnés de chiens, les bêtes ne se fiant qu’à leur odorat. Le poursuivi sait que pour berner les chiens, il est préférable pour lui de progresser dans le sens du vent. Différents trucs pour différents animaux.

Le poursuivant humain n’a pas tellement d’odorat. Il regarde, touche et suit son instinct. Encore un truc de trappeur. Celui qui tente d’avancer masqué, il essaye d’effacer ses traces, mais plus il essaye de les effacer plus les traces s’accumulent : traces de l’effacement des traces de l’effacement des traces de l’effacement des traces.

On voit souvent ça dans les films policiers. Un type commence par faire un truc pas net. Il est soupçonné. Il ment pour s’en sortir une première fois. Mais ce mensonge lui amène de nouveaux ennuis auxquels il répond par un nouveau mensonge. Et ainsi de suite, l’engrenage infernal se met en place, le type ne s’en sort pas, s’enlise, perd pieds, se noie. On connait la morale de l’histoire dès qu’on est en âge de se faire gronder.

On en revient à la course poursuite dans la forêt. Le poursuivant cherche les traces de celui qu’il poursuit, fait des hypothèses sur le passé. Je pense qu’il est passé par là. Le poursuivi essaye de maquiller ses traces, fait des hypothèses sur le futur. Je pense qu’il ne verra pas que je suis passé par là. Le premier tâtonne, le second espère. Si jamais ils se rencontrent, c’est au premier qui dégaine. Le passé et le futur s’évanouissent et laissent place à un présent dense, interminable. Ces quelques secondes qui durent des heures, que le montage cinématographique fait durer en découpant les corps : rictus, regards, perles de sueur, mains crispées sur la crosse. Un bon western en somme.

Une autre scène récurrente maintenant, que l’on trouve dans les livres et films d’horreur. Une bête tapie dans l’obscurité. Un type avec un fusil et autour de lui, dans le noir, une démultiplication de sons, en face, sur les flancs, dans le dos, comme des ricochets de signes. Le type ne sait plus où donner de la tête. Excédé, il tire. Première rafale droit devant. Mais les bruits reprennent. La bête est toujours là. Deuxième rafale. Même scénario. Jusqu’à ce que la bête surgisse là où on ne l’attend pas. Nouvelle stratégie pour se soustraire à la perception : la multiplication des traces.

On parle de poursuite, on parle de se faire la peau. D’un type qui veut faire la peau à un autre type. D’une bête qui veut faire la peau à un type. D’avancer masquer. D’avancer dans la fumée. D’enfumer une bête pour la déloger. De loger une balle dans le buffet de la bête. On parle d’un crime parfait et d’une enquête parfaite, parfaitement irréconciliables.

On enquête sur une peau. Peau accrochée sur les murs de la maison du trappeur. A quel animal appartenait-elle ? Quand et comment est-il mort ? Peut-on considérer cette peau indépendamment de son porteur disparu ? On est forcé d’imaginer, de se forcer à imaginer.

La perfection c’est la fumée. La fumée qui n’est pas encore dissipée, le défaut qui se fait attendre. La perfection est un moment de l’imperfection. Des fusils pour quel crime? Stopper la vie à distance, dissiper la fumée et découvrir une ultime pose. Ca convient au criminel, pas à l’enquêteur.

De cette ultime pose, parfaite, silencieuse, photographie de scène de crime, on cherche à retrouver l’imperfection, le mouvement, la vie avant l’arrêt de la vie.

On établit des hypothèses sur le passé, on construit une histoire, on prépare le terrain pour le crime, on recherche les traces du crime dans le temps de l’innocence.

On découvre que le temps de l’innocence est un moment du crime, que le crime s’expose dans le temps de l’innocence. On découvre que cette exposition se nomme fiction.

NP: Comment as tu construit ce travail?
NH: Avec Matador j’avais envie de travailler autour du mythe de la route tel qu’a pu le construire le cinema (je pense par exemple à des films comme Duel de Spielberg, Mad Max de Miller, ou Vanishing Point de Sarafian). J’ai commencé par collecter différents éléments à partir de cette idée générale: des images (peintures, photographies, captures d’écran), des citations, des objets… J’ai commencé par m’intéresser aux bouquets de fleurs qui marquent les lieux d’accidents mortels sur les bords des routes et à aller à toutes sortes de rassemblements de fans de sports mécaniques. C’est de là que sont venus les “burns”. En faisant ces photos, j’ai rencontrés des motards, repéré différents endroits et pris beaucoup d’instantanés. J’ai commencé à construire ce travail en accrochant sur un mur les reférences collectées et les images de repérages et sur l’autre les images que je commençait à imaginer et à prendre pour Matador. Je jouais avec des impressions de lecture, j’essayais différentes tailles d’images et différents rapports des images entre elles. Matador est venu de cette façon de considerer les différents types d’images comme appartenant à un même ensemble.

NP: Est ce que tu pensais déjà à en faire un livre? Quelle est, pour toi, la meilleure façon de montrer tes images?
NH: Comme je l’expliquais, j’ai contruis ce travail en accrochant differents types d’images sur des murs, en les manipulants physiquement. J’envisageais donc le travail comme une installation mais pas seulement. Disons que j’utilise cette idée comme une fin possible pour le travail mais aussi comme un outil pour contruire le travail. La diversité des possibilités de diffusion offertes par la photographie m’interesse en premier lieu et le livre est, bien sûr, un objet auquel je pense. Je suis d’ailleurs très satisfait de ce livre!

NP: Il me semble que tes images ont quelque chose de très français, est ce que c’est voulu?
NH: Oui, même si je n’attache pas d’importance à ce que l’on reconnaisse un endroit précis, c’est important que certains éléments puissent permettre de localiser un peu les images et l’époque. C’est une façon de pouvoir contruire des liens entre les images du travail et celles que le public peut avoir en tête. Ces liens m’interessent beaucoup. Ils varient en fonction des références sur lesquelles on se base: les courses de motos, les films des années 70, les clips de rap français ou la peinture romantique par exemple.

NP: Qu’est ce qui t’inspire le plus, la ville ou la campagne?
NH: J’ai grandi en banlieue d’une petite ville, dans ce genre d’endroits on ne peut parler ni de ville ni de campagne. Ce qui m’inspire le plus c’est une paire de Nike Air couverte de boue.

NP: Par rapport au texte de Julien Perez, je suis curieux de connaître l’importance, pour toi, du cinéma et de la vidéo?
NH: Le cinéma voit le monde via un dispositif semblable à celui de la photographie mais leurs possibilités d’en bâtir nos perceptions sont différentes. Le cinéma se base sur le récit et ses différents éléments narratifs pour creuser le sens des choses là où la photographie extrait une image du flot continu du réèl pour la transformer en objet. Ceci dit, certains éléments issus du cinéma comme le montage, le traveling ou la notion de rythme sont importants dans mon travail. Je m’interesse aussi beaucoup au fond culturel commun que peut représenter le cinéma comme source d’images stéréotypiques. Je pourrais dire la même chose de la référence aux Westerns que ce que j’ai dit du rapport à la France dans les paysages. Il me paraît intéressant qu’une image puisse provoquer un sentiment de proximité tout en évoquant des éléments plus lointains. C’est ce genre d’impressions qui permet à une image d’être liée à d’autres.
(Le premier tâtonne, le second espère par Julien Perez a été joint à Matador, Etudes blue books n°3).

NP: C’est pour ça que Matador a sa propre narration?
NH: Ce n’est pas le but mais il y a quand même ce titre et des images assez explicites. J’imagine que les images sont toujours propres à déclencher des histoires; mais peut être plus sous la forme d’une interprétation fictionnelle que selon une trame narrative maîtrisée. C’est, à mes yeux, tout l’intérêt du texte de Julien qui parle précisement de ça à travers un récit, à priori, à mille lieux des motards, bécanes, casques et terrains vagues.

NP: Que pense tu du rapport du texte à la photographie?
NH: À mes yeux, la photographie est un propulseur et les textes qui lui sont liés doivent allumer la mèche. Je n’aime pas beaucoup les textes trop liés aux images, qu’ils les commentent ou qu’ils les illustrent. Pour moi, un texte en lien avec un travail photographique en être un echo sans lui faire face ou le creuser. Bien sûr ce lien concerne les textes qui accompagnent les travaux, pas les textes critiques.

Exposition personnelle

Sur une invitation de Paul-Louis Roubert.

Exposition personnelle

Lieu d'exposition le jour, lieu festif la nuit, Deuxième Bureau mène une double vie. La première autorise la seconde, la seconde rend possible la première, selon les règles, les impératifs et les nécessités de la vie culturelle associative.
Pour répondre à l'invitation de Pierre Andrieux et de Nicolas Milhé, j'ai décidé de prendre parti des contraintes imposées par cette double vie, et de proposer que ce qui fait installation le jour, devienne décor la nuit.
La nuit des rois est une double référence; à la pièce éponyme de Shakespeare et à un night-club charentais incendié à la fin des années 80. L'installation emprunte aux deux références. Au théâtre elle prend les rideaux, la notion de décor et de lumière, à la fête elle emprunte la liberté laissée à chacun d'incarner, ou non, un personnage et l'aspect morcelé, incertain et mouvant des souvenirs qu'elle laisse. Les images font le lien entre les deux moments, à ceux qui viendront les voir le jour elles apparaîtront avec la froideur du décor privé de ses acteurs, les visiteurs de nuit pourront s'y mêler, se confondre avec elles ou s'en détacher.

Exposition collective

Sur un commissariat de Karin Schlageter avec Simon Bergala, Bruno Botella, Cecile Bouffard, Erosion Power (Benoît Menard et Aldéric Trével), Les petits chats d’Auber (Yann Rondeau et Sylvain Rousseau), Andrés Ramirez, Georgia René-Worms, Eléonore Saintagnan & Grégoire Motte.

Exposition collective

Sur un commissariat de Mathieu Buard avec Laura Gozlan, Antoine Grulier, François-Xavier Guiberteau, Philippe Jarrigeon, Benoit Ménard, Gabriel Méo, Ludovic Sauvage, Camille Vivier.

Exposition collective

Exposition à l'occasion du premier anniversaire des éditions Lapin Canard avec Juan Aizpitarte, Christian Andersson, Marielle Chabal, Pauline Curnier Jardin, Alain Declercq, Chloe Dugit-Gros, Sammy Engramer, David Evrard, Gaillard & Claude, Vincent Ganivet, Yann Géraud, Yann Gerstberger, Laura Gozlan, Pierre Joseph, Laurent Lacotte & Pablo Cavero, Seulgi Lee, Damien Mazières, Nicolas Moulin, Marie Quéau, Samir Ramdani, Shanta Rao, Sylvain Rousseau, Eric Stephany, Laurent Tixador, Céline Vaché Olivieri and We Are The Painters.

Projet éditorial et curatorial

En collaboration avec Loan Calmon, Demi tour de France, Younes Klouche, Isabelle Kraiser, Claude Lévêque, Ahndraya Parlato & Gregory Halpern, Nicolas Poillot, Sylvain Rousseau & Yann Rondeau, Myriam Santos.

Exposition collective

Sur un commissariat de Timothée Chaillou avec Guillaume Airiaud, Remi Amiot, Ruth Barabash, Vincent Beaurin, Sarah Bedford, Yannick Bernede, Karine Bisch, Charlie Boisson, Elvire Bonduelle, Guillaume Bruere, Damien Cadio, Nicolas Chardon, Mathieu Cherkit, Claude Closky, Philippe Cognée, Guillaume Constantin, Paul Cowan, Annabelle Arlie, Christophe Brunnquell, Florian Bézy, Damien Cadio, Pauline Curnier Jardin, Franck Davi, Charles De Meau, Stephen Dean, Edith Dekyndt, Emilie Ding, Kaye Donachie, Antoine Dorrote, Luke Dowd, Thomas Dozol, Arthur Dreyfus, Melissa Dubbin, Florent Dubois, Chloe Dugit-Gros, Kenny Dunkan, Jack Early, Aymeric Ebrard...

Exposition collective

Commissariat de Myriam Barchechat, with Harvey Benge, Pascal Fellonneau, Marcus Haydock, Simon Kossoff, Paul Kwiatkowski, Damien Lafargue, Arnaud Nabos.

Projet curatorial

Comissariat avec Loan Calmon, avec Santi Doumen, Marcus Haydock, Isabelle Kraiser, Damien Lafargue, Julien Magre, Nicolas Milhé, Arthur Molines, Maciek Pozoga, Marie Quéau, Yann Stofer.

Exposition collective.

Commissariat de Benoit Ménard, avec Grégory Cuquel, Sam Mapp, Damien Mazières, Hugo Pernet, Aurélien Porte, Simon Rayssac, Aldéric Trével.

Exposition collective

Commissariat de Myriam Barchechat, avec Harvey Benge, Marcus Haydock, Simon Kossof, Damien Lafargue, Paul Kwiatkowski, Simon Letourneau.

Exposition collective

Avec: Jean Dupuy, Hannah Friedmann, Renaud Perriches, Owen Piper, Neil Bickerton, Charles Dreyfus, Adrien Guillet, Catherine Faux, Fertil & Teixidor, Jacques Halbert, Pascal Le Gras, Camille Le Houezec, Christophe Lemaître, Jannis Marwitz, Mathieu Mercier, Martin Poyner, Sylvain Rousseau, Diego Sanchez, Camille Tsvetoukhine and Joey Vilement...

Exposition collective

Commissariat de Gijs Assmann et Hanne Hagenaars avec : Antistrot, Kenneth Anger, Shaun Gladwell, Nan Goldin, Jan Hoek, Nicolas Hosteing, Alex Kals, Hamid El Kanbouhi, Paul Kooiker, David Lynch, Tony Oursler / Mike Kelley, Magnus Monfeldt, Seth Price & Tim Hamilton, Richard Prince, Lost & Found / Misha de Ridder, Maria Roosen, Eelco Wagenaar, Jack Pierson, Mark Wallinger, Louis Radstaak, Maarten van Schaik, The Stan-Jan Project, Aaron Young.